samedi 28 mars 2026

Enfin une doublette

Il y avait longtemps que le printemps n'avait pas offert une belle chute de neige et 30cm de poudreuse sur les pentes de Chamechaude. Avec ça, la température qui reste négative pour garder la précieuse au frais jusqu'au week-end.
En partant à 10H, il fallait s'y attendre, le parking du téléski est rempli et la piste pratiquement damée. 
La trace est bonne et pas trop raide jusqu'à la crête sommitale, où dans les derniers mètres le vent a plaqué et glacé la neige. Je pose les peaux au dernier ressaut pour ne pas galérer avec le monde sur le dernière montée jusqu'au câble. Et je m'offre un deuxième tour pour le même prix...

La descente est tout confort par l'écureuil, avec un petit risque d'enfourcher la corde à nœuds qui est partiellement dégagée. Vers la forêt, malgré quelques traces, la neige reste fraîche et profonde à skier. Ma première poudreuse depuis 2 hivers, servie fin mars, je ne vais pas me plaindre !



 

mercredi 4 mars 2026

Retour sur les lattes


 

Skier sur les pattes arrières en déséquilibre, dans les neiges gelées ou trop lourdes, avec un genou trop sensible pour supporter plus de 30kg en charge n'était pas envisageable jusque là.
Avec les conditions printanières et la neige en mode moquette de fin d'après-midi, j'ai pu faire 3 petites sorties avec les skis.  Je retrouve avec plaisir les pentes de Chamechaude et m'aperçois qu'il y a toujours autant de visiteurs sur ce sommet emblématique du bassin grenoblois. 
Les nombreuses marques de pas dans la neige tendent à montrer qu'il y a plus de bipèdes à pied ou en raquettes qu'en ski. Ce qui ne facilite pas la descente quand les articulations sont en délicatesse.

Avant le coucher du soleil, une petite troupe d'anciens du DSA s'est donné RdV pour une montée façon collant pipette. Les bavardages vont bon train dans la montée et comme au bon vieux temps, les derniers mètres imposent le silence pendant qu'augmente la cadence! 

A l'arrivée le troupeau se retrouve en ordre dispersé, mais la raclette et les bouteilles ont vite fait de rappeler l'instinct grégaire des randonneurs :-) ! 






samedi 27 décembre 2025

Soleil et ombre

Les plus téméraires ou motivés sortiraient les skis pour se cramponner aux bâtons et se faire secouer les chaussettes. J'avoue que ce plaisir n'y ai plus vraiment et que j'aime autant marcher avec des chaussures cloutées et suivre les pentes au soleil.
Au Habert de Bachasson, je suis le chemin du balcon Est pour profiter du soleil, d'un sentier sec et des chamois qui me sifflent surpris d'être dérangés. Le pied de la Brèche Arnaud est encore lissé par un cône de neige juste revenu pour planter les chaussures et les bâtons. Au premier ressaut, le câble est dégagé et la brèche à sec jusqu'au sommet. 
La Chartreuse n'affiche pas sa plus belle robe d'hiver, ce qui n'empêche pas les chocards de surfer au sommet pour grapiller les miettes qui sortent des poches des randonneurs.
A la descente, même après midi, la neige reste très dure les crampons et les bâtons sont recommandés.
 

mercredi 17 décembre 2025

Ca passe ou ça glace?

A vue d'avion, les pentes sont encore bien blanches et propices à la glisse. La prudence et la patte arrière gauche encore en délicatesse, m'invitent à tenter ma chance avec des chaussures et des pointes pour tâter le terrain. 
Le soleil joue à cache cache avec les nuage et maintient la neige encore dure et porteuse. Depuis le col, ça passe bien avec les lattes, qu'il faut retirer pour le passage dans la forêt. Au-dessus, la pente est bien couverte, mais traffolée et dure à souhait pour tester les carres.
Je ne regrette pas d'être resté bipède sans wedzet. J'attendrai la prochaine couche de neige ou la prochaine moquette pour sortir les lattes...
 

dimanche 30 novembre 2025

1ère glisse sans délice

Toujours bancale à tenir sur une patte arrière et demie, il paraît que le ski n'est pas indiqué. Mais avec 6 mois d'invalidité et de douleur, on finit par s'habituer à une certaine vigilance dans les gestes, à couiner quand ça grince et y aller quand même, pour ne pas finir comme une enclume.
Depuis la maison, cela fait déjà 15 jours que je vois le bal des frontales, la fil indienne qui trace des zigs et des zags où "s'abade des wedzets" à me faire godiller dans mes rêves. Après un petit essai sur le Mont Fromage, certes dans une neige fraîche et poudreuse, j'ai pu constater que "ça fait mé pi pas pi" comme disait Roger*.

Ce matin  prêt à remettre ça, v'là qu'il me prend de laisser la voiture au virage du téléski et de me risquer avec les lattes sur les pentes de Chamechaude.
Dès le départ, je constate que la neige est pourrie, détrempée par le redoux de la veille et bétonnée par le gel nocturne, auxquelles s'ajoutent les dix mille traffoles laissées par les bipèdes en tout genre. J'en arrive à me dire que je vais m'accrocher aux bâtons pour la montée et redescendre en marchant. 

Comme d'habitude le pire de la trace est entre le habert de Bachasson et la traversée sous Folatière. Ensuite on peut faire du hors trace confortable. Pour cette première je m'arrête à la brèche Arnaud, plutôt inquiet à l'idée de faire un virage sur un champ de mine avec la jambe gauche qui ne tient que 35kg en charge! Enfin de compte, en y allant doucement, sans trop fléchir le genou, ça tient la courbe...


Dans la foulée, je vise de descendre par le passage de l'écureuil où au moins je sais qu'il y aura un peu de neige fraîche et quelques virages en poudreuse. Et surtout, le plaisir égoïste d'être seul jusqu'au sommet du téléski.
De retour à 10h à la maison pour le café, et bien content de ma "connerie", je peux finir le dimanche en zonant au coin du feu.



* Locution savoyarde que fait dire Roger Frison-Roche à son personnage Zian dans Premier de cordée.
 

dimanche 16 novembre 2025

Sortie avec les copains chartrousins

 


Avant l'arrivée des fortes précipitations et la chute des températures, je file dès le lever du jour faire un tour sur la pierre chauve. L'ambiance est idéale pour en profiter égoïstement, seul avec les éléments et les copains du coin qui reprennent possession des chemins.

Sur les hauteurs, les nuages jouent à saute sommets avec le vent qui hurle suffisamment pour m'épargner les gouttes.


mercredi 5 novembre 2025

Retour à la vie

279 jours sans la possibilité physique de gravir et descendre la moindre butte. Du jamais vécu, depuis que je tiens sur mes pattes arrières. Echappé de peu à n'en garder qu'une pour me déplacer, me voici bien heureux de pouvoir me rouler à nouveau sur mon caillou préféré.

Pareil à Sisyphe, à défier l'invalidité, me voici de retour dans le monde des vivants qui se jouent des pics et des pentes. Pas encore à l'abris pour jouer les cabris, je vais patiemment suivre mes chemins noirs pour retrouver la forme et la liberté de courir, grimper et glisser par monts et par vaux.


En plus des magnifiques conditions d'été indien, je suis accueilli au sommet par le vol majestueux de quelques "rois de l'azur", certainement des vautours venus de Belledonne et que je n'avais encore jamais aperçu ici. 
J'y vois un bon signe pour me rétablir et revenir sillonner gaiement les sentiers avec aisance, mieux que Beaudelaire ne voyait l'albatros* maladroit et gauche sur le plancher des vaches.